Territoires et développement durable

2 Août 2017 | Actualités

Dans un contexte complexe, l’avènement d’un nouveau courant « En marche » n’en a pas changé le rythme, cet article se veut davantage l’expression d’une humeur reflétant mes échanges avec les collectivités. En effet, les maires ne sont pas contents et nous avons régulièrement l’occasion de le vérifier à travers, d’une part, ma collaboration avec l’Association des Maires ruraux de France,  et d’autre part au contact régulier d’élus dans l’action. Je dirai plutôt qu’ils sont dans la désillusion que l’action est encore possible. En effet, la réforme des collectivités, la mise en place de la loi Notre, la métropolisation en cours, la baisse des dotations (moins 300 millions d’€ de dotation en août 2017 après les 13 milliards d’€ d’effort, comme une cerise sur le gâteau) et bien d’autres choses encore, sont de plus en plus mal vécues par des élus en prise quotidienne avec leurs administrés, eux-mêmes pas très contents en ce moment,les dernières élections présidentielle et législative l’ont souligné.

Tout ceci se passe au détriment du projet collectif. Si nous vivons une situation de transition, ce que l’on peut comprendre, mais elle nous semble durer plus que de raison, elle provoque une atonie telle que plus rien ne se passe. Je prêche, certainement, pour ma paroisse de consultant, pourriez-vous me reprocher avec raison, mais pas seulement. Je constate que beaucoup d’envies, de projets ne se réalisent pas aujourd’hui alors même qu’ils sont attendus avec impatience, parce que les règles du jeu « du qui fait quoi » ne sont pas encore suffisamment claires. Le ventre mou de la réforme territoriale, les tensions sur les moyens forcent les nouvelles intercommunalités qui se mettent en place,  à de nouvelles organisations mais peu sont capables de déployer de l’ingénierie projet aujourd’hui. Il y a même des frictions entre les intercommunalités qui ont hérité de la compétence du développement local et les collectivités les composant, souvent le centre bourg, qui veulent impérativement et immédiatement endiguer une forme de paupérisation qu’elles ne peuvent juguler seule. C’est d’autant plus dommageable que cela contient des enjeux de développement local, d’économie résidentielle voir de création d’activités et donc d’emplois.

A un moment où la moindre défaillance sociale, le moindre imprévu météorologique, questionnent fortement nos pratiques de travail, de mobilité, nos dépendances en matière de développement, de ressources, au lendemain du succès de la COP 21 et, déjà, du revirement des Etats-Unis, qu’il conviendra de transformer mais nous avons de grands doutes, le vrai enjeu est probablement de repenser le développement des territoires. Attractivité, hospitalité, innovation, collaboration (dont publique / privée), numérique sont les critères essentiels que l’on doit trouver dans les projets comme dans les formes de collaboration, avec une vraie considération pour les différentes formes d’économie (circulaire, résidentielle,sociale et solidaire…), pour une vision économique qui ne passe pas seulement par la création d’infrastructures obsolètes (combien de zones d’activité à l’abandon ou bien sous utilisées ?) ou le ciblage exclusif d’entreprises à fort potentiel de croissance (souvent vain si les infrastructures, la ressource humaine ne sont pas sur place).  J’ai encore le souvenir vivace, il n’y a pas si longtemps, que le tourisme n’était pas considéré comme du développement économique. J’imagine qu’il y a les mêmes préjugés pour l’économie collaborative, sociale et solidaire notamment. La donne a changé… les contextes évoluent…

Je suis convaincu que la France tient un rôle à part au sein de l’Europe, l’un des rares pays à proposer une qualité de vie, des richesses et ressources pour se développer. C’est un épicentre sur lequel nous n’avons pas encore suffisamment capitalisé.

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