Développement global ?

24 Avr 2017 | Actualités

 

Cet article est le témoignage d’un retour d’expérience sur l’accompagnement en cours d’une collectivité (- de 3000 habitants) sur laquelle  j’interviens en mission longue durée.

Il faut au préalable saluer la posture de l’équipe municipale qui assume son besoin d’un accompagnement global pour l’aider à apporter des réponses concrètes et rapides à une population qui exprime de nombreux besoins. Et cela malgré son appartenance à une intercommunalité de plus de 20 000 habitants qui, clairement, n’a pas(ou ne se donne pas) les moyens techniques d’assumer ses projets. De fait, il y a un décalage récurrent entre l’attente et les solutions apportées, dont l’amplitude augmente d’autant plus que la société, à l’ère du numérique, est de plus en plus réactive et impatiente. En essayant de ne pas verser dans une analyse un peu trop simpliste, ce manque d’adéquation (cette incompréhension ?) exprime, pour partie, la posture extrémiste de certains électeurs lors des dernières élections, particulièrement dans la ruralité. Un sentiment que l’on retrouve d’ailleurs dans les actions récentes des maires ruraux qui affirment, de plus en plus fort, un malaise récurrent, mélange d’isolement, de solitude voire, carrément, d’abandon. L’enclavement conjugué à une baisse de moyens, à du désintérêt et en l’absence d’un projet partagé deviennent de plus en plus une problématique de société.

Cette collectivité, donc, cherche à innover en proposant de mobiliser ses habitants afin de construire avec eux des réponses à leurs attentes, avec le double objectif de les rendre acteurs et plus simplement spectateurs, et de les sensibiliser dans le même temps au fonctionnement d’une collectivité. Cette approche participative recèle de vraies surprises. D’une part parce que la participation, croissante, révèle que les gens (les habitants mais pas seulement) ont des choses à dire même si le débat et les échanges sont encore empreints d’un manque de pratique. Ensuite, le décalage entre les contraintes et la marge de manœuvre des élus et la perception qu’en ont les administrés, souligne une fracture, grandissante, justement par défaut de culture démocratique. Cela pourrait être irrémédiable, bien posé, cela devient une richesse par la confrontation de pratiques, d’approches et de méthodes différents. C’est  une vraie innovation qui permet de tester de nouvelles pratiques et de rendre possible ce qui paraissait jusqu’alors délicat et improbable.

Enfin, même si la collectivité ne dispose plus de l’ensemble des compétences, déléguées à l’intercommunalité, cette approche globale croise forcément des champs d’action mêlant l’économie, l’environnement, le social, le tourisme, la culture… justement parce que une approche segmentée n’est plus possible. Ainsi, un échange avec des producteurs bio et des partenaires institutionnels, le possible usage d’une centrale de cuisine, les proximités d’une couveuse agricole, de lieux potentiellement acheteurs lancent une réflexion sur la possibilité d’une filière et de circuits courts qui, de la production à la transformation pour la consommation immédiate et la conserverie laissent entrevoir de belles possibilités. On parle même d’usages connexes tels la sensibilisation aux produits, la pratique culinaire, l’apprentissage et l’insertion. Des échanges, l’esquisse d’un projet, le lancement d’une dynamique, l’envie d’aller plus loin, ce sont les premiers ingrédients nécessaires pour dessiner cette possibilité. Cela ne coûte rien, les ressources sont locales, il faut un peu de méthode pour faire émerger l’envie et…  Ce n’est qu’une illustration de ce que peut produire cette réflexion concertée. Reste à transformer et, surtout, à poser clairement les limites de ce qu’il est possible de faire, au regard des moyens humains et financiers disponibles. Il faut aussi garder à l’esprit que l’innovation attire l’attention et favorise les partenariats, c’est probablement un gisement d’opportunités pour toutes les collectivités de France…

Pin It on Pinterest