CAP Jeunesse, une mission algérienne

18 Fév 2018 | Actualités

En mission court terme (3 mois) dans le cadre du programme Algéro-européen PAJE (Programme d’Appui Jeunesse et Emploi) dont l’objectif est de déployer une politique innovante pour accompagner les dispositifs nationaux et l’emploi des jeunes, j’ai la charge d’accompagner un outil de ce dispositif, le CAP Jeunesse Emploi sur la Wilaya de Béchar, à quelques kilomètres de la frontière marocaine, au sud-ouest algérien, dans le Sahara.

Ce dispositif est le fruit des différentes étapes de construction qui l’ont précédé qui, à partir du diagnostic national, de la consultation générale et des différentes opérations de mise en place, ont permis de dimensionner un outil innovant, incongru dans le paysage traditionnel qu’il convient de déployer.

C’est en effet tout l’enjeu. Le CAP Jeunesse se définit comme un outil innovant, donc différent dans son organisation et ses pratiques, et met en avant ses constitutifs fondamentaux, l’intersectorialité et l’interopérabilité. En effet, là où traditionnellement, chaque structure institutionnelle fonctionne de manière cloisonnée, le CAP Jeunesse a pour mission de fluidifier les relations, le traitement et le suivi de la jeunesse. Les différents experts qui composent l’équipe de 17 personnes sont tous issus de ces différents partenaires. Agissant souvent à de hauts niveaux de responsabilité, ils ont une vraie connaissance de l’écosystème et de ses dysfonctionnements et cherchent dans ce nouveau dispositif, de nouvelles pratiques et davantage de liberté. Ils sont prêts à expérimenter.

Le CAP Jeunesse embrasse les champs de l’insertion, de l’entrepreneuriat, de l’associatif et propose de développer l’économie sociale et solidaire, un aspect de l’activité économique encore peu développé, mais aussi à travers un service d’observation et un de documentation, des études régulières, des analyses et des notes d’observation. Il n’a pas vocation à accueillir en direct le grand public mais davantage à travailler sur la qualité du parcours d’usagers prescrits par les partenaires mais aussi par les propres animations du CAP. Il propose un nouveau « deal » aux jeunes (de 18 à 40 ans), en leur demandant d’être responsable de leurs parcours et choix. Il s’agit bien  de cela, d’être acteur d’un avenir qu’ils vont apprendre à construire, en connaissance de cause, avec les experts du CAP Jeunesse.

Cet accompagnement se matérialise à travers l’approbation d’un acte d’engagement qui permet de matérialiser les attentes réciproques mais aussi d’apprécier le parcours qui sera proposé.

Cet engagement est, en soi, une vraie révolution des pratiques dans un pays où, longtemps, encore même, l’Etat se substitue à toutes les attentes, donnant du travail, des moyens, de quoi vivre (même chichement). Mais voilà, les temps glorieux sont en passe d’être révolus et il faut, désormais, imaginer l’avenir tant dans les pratiques que dans les activités et le développement de ce pays. L’Algérie est un pays riche de sa jeunesse et de ses potentialités et c’est bien ce qu’il faudra davantage éclairer aussi dans le cadre de cette mission.

L’outil imaginé est très complet, il mise beaucoup sur une qualité d’accueil différente qui pose le postulat de bien prendre le temps de comprendre les attentes et les besoins, mais aussi d’expliquer les règles de la collaboration. Le parcours est soutenu par un système informatique performant qui permettra aussi de tirer des enseignements, des statistiques, autant d’éléments qui manquent aujourd’hui à la compréhension et à la prospective.

J’accompagne l’équipe dans la prise en main de cet outil, dans l’écriture de son fonctionnement  mais aussi dans son positionnement dans un écosystème très riche et complexe. Une mission riche, pas facile, mais qui permet de conjuguer une expérience du développement local et de la mobilisation des ressources humaines.

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